comment vivre sereinement la période de confinement à la maison avec nos ados et nos étudiants ?

Confinement forcé de nos ados et/ou de nos étudiants à la maison. Ni eux ni vous ne l’avez choisi.
En période de vacances nous sommes heureux d’accueillir nos grands quand ils reviennent, de passer plus de temps avec eux. On s’organise différemment pour ce temps bien délimité. On sait à peu près quand ils arrivent, quand ils repartent et quand ils reprennent les cours. Nous profitons de ces moments passés ensemble, nous bousculons bien volontiers nos habitudes, notre routine de parents.

Les choses sont maintenant bien différentes. Nos grands sont avec nous pour le meilleur et pour le pire. Plus de copains à la maison, plus de sorties dans les bars, boîtes de nuits et autres divertissements. A la crainte que l’on soit les uns sur les autres H 24 s’ajoute l’incertitude de ne pas savoir quand cela cessera.

Alors comment faire pour que cette cohabitation se déroule le mieux possible ?

voici quelques pistes qui pourront nous aider et nous éviter l’overdose.

  • Développer une bonne communication dans la famille
    Une bonne communication est basée sur le respect de l’autre, l’écoute. Elle est centrée sur des faits, le message est clair assorti d’une bonne dose de bienveillance. Voici quelques points clés :

    J’utilise le « je » au lieu du « tu » qui tue.
    Mes demandes doivent être claires, les autres ne sont pas censés deviner mes besoins.
    Je choisis le bon moment pour communiquer, j’exprime mes attentes, mes besoins et mes sentiments.
    Si j’ai des frustrations, je ne les laisse pas s’accumuler, je les exprime avec bienveillance.
    J’écoute l’autre pour qu’à son tour il m’écoute sans le juger. je cherche à obtenir la coopération pour qu’ensemble nous trouvions des solutions. Je donne des marques d‘attention, je valorise l’autre. Je manifeste de l‘affection par la parole, le toucher, ( en ce moment peut-être pas !), des gestes auxquels mon interlocuteur est sensible. Je prends des décisions quand mon émotion sera apaisée. Je sors des luttes de pouvoir, accusations et jugements.

  • Prendre conscience de mes propres besoins
    les écouter, les exprimer et autoriser les autres membres à exprimer les leurs. Concrètement Prendre un temps tous ensemble pour discuter de nos besoins et les noter. Une fois ces besoins identifiés, parler ensemble de la manière dont on pourrait les satisfaire, ce qui est important pour nous, nos priorités, nos désirs et je devrais même dire nos émotions.
    Y a t-il des craintes à la perspective de vivre ensemble ? Quelles sont-elles ? Nous autoriser à les exprimer sans jugement, critique ou moqueries. Les accueillir, les entendre permet de les apaiser.
    Prenons un exemple : votre enfant est musicien ( c’est mon cas avec mon fils de 20 ans), il a besoin de s’exercer, de répéter plusieurs heures par jours.
    Alors discutons avec lui, organisation, pour que cela soit confortable pour lui et pour nous. Cela nécessite de développer des talents de négociateurs, de faire des compromis. Une chose est sûre, on ne peut s’attendre à faire exactement comme on faisait avant. Savoir s’adapter de part et d’autre.
  • Prendre conscience de mes limites
    Ce que j’accepte de mon enfant et ce que je n’accepte pas. Savoir pourquoi je dois poser des limites. Qu’est-ce j’ y gagne ? Savoir les faire respecter et respecter les limites de mon enfant, cela va dans les deux sens. Au cas où les choses soient plus compliquées que prévu, revenir à la communication non violente pour désamorcer le conflit.
  • Respecter les territoires de chacun
    Nous et nos enfants avons besoin d’un endroit à nous pour nous isoler , pour travailler, nous reposer ou nous retrouver avec nous-mêmes (faire preuve d’imagination s’il y a peu de place). Ce besoin se fera plus sentir aujourd’hui vues les circonstances, soyons vigilants. Dans le territoire on englobe le besoin d’avoir ses propres idées, sa propre vision du monde, ses propres sentiments. Dans notre promiscuité, nous aurons peu-être plus l’occasion d‘échanger. Profitons en pour parler de nous et peut être nous laisser étonner par nos enfants, découvrir leurs centres d’intérêts, leur préoccupations, leur craintes… Voyons cela comme de belles opportunités qui nous sont offertes pour apprendre à mieux nous connaitre mutuellement, nous apprécier, renforcer nos liens, développer notre complicité.
  • Réfléchir à une organisation du quotidien
    Carnet et stylo à la main, réfléchissons à la manière dont nous voulons organiser nos vie. Et pourquoi pas rédiger une charte de vie en communauté. Réfléchir à comment se répartir les tâches du quotidien, le ménage, les courses, la préparation des repas. Une occasion d’initier nos jeunes à de nouvelles recettes. Profitons de la présence de nos enfants pour nous aider dans des tâches plus ardues où il y a besoin de bras costauds. Saisissons ces occasions de transmettre nos savoirs et laissons nos enfants nous en mettre plein les yeux sur les nouvelles technologies que nous maîtrisons peut-être plus ou moins bien ! C’est aussi l’occasion de parler des écrans , du temps passé devant l’ordinateur ou les jeux, de nous y intéresser et pourquoi pas ? faire l’effort de jouer avec eux même si ce n’est pas notre tasse de thé. Un quart d’heure peut suffire. Les jeunes aiment qu’on s’intéresse à ce qu’ils font, à leur hobby, ils aiment partager, discuter, nous faire découvrir ce qu’ils aiment.

Nous sommes tous ensemble embarqués dans une aventure insolite, trouvons aussi des moyens insolites pour bien la vivre. Pour cela faisons confiance à notre instinct, à notre créativité, osons, expérimentons. Sortons de notre notre zone de contraintes, ce sur quoi nous n’avons aucun contrôle et entrons dans notre zone d’influence là ou nous pouvons changer les choses, avoir une influence sur elles, les améliorer. Dépensons notre énergie dans la recherche de solutions plutôt qu’à la perdre dans le ressassement et la plainte.

Samia Chabanel

« O Dieu, donne moi la sérénité d’accepter ce qui ne peut être changé, le courage de changer ce qui peut l’être et l’intelligence (ou la sagesse) de distinguer l’un de l’autre » .
Marc Aurèle

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