Discussion avec ma chaussette
– Tu as l’air bien triste !
– Oui je le suis
– Pourquoi donc ?
– Et bien j’ai perdu ma sœur. Maintenant ma vie ne sera plus comme avant. Une sœur est très importante pour une chaussette. On a fière allure lorsqu’on est toutes les deux côte à côte, c’est très harmonieux et esthétique, agréable à regarder, pas de faute de goût. On fait la paire tu comprends.
– Oui je comprends, malheureusement ça arrive souvent. Et je sais combien il est important pour une chaussette d’avoir une sœur qui lui ressemble, c’est son vis à vis, sa compagne de tous les jours. c’est très rassurant.
Et d’avoir cette impression que la vie s’arrête, qu’on ne peut plus continuer, qu’on est juste bon à rester dans un tiroir pour ne plus jamais en sortir. c’est tellement pénible.
– Oui, c’est exactement ça. Mon histoire est sans issue.
– C’est un point de vue.
– Une fois que tu es reléguée au fond d’un tiroir, c’est rare qu’une main charitable vienne te sortir de là. Tu ne sers plus à rien…
– Ah une main charitable qui vienne te sortir de là ! Ne crois tu pas que si tu restes au fond de ton tiroir bien loin de l’issue, la main charitable avec toute sa bonne volonté aura bien du mal à venir te chercher et encore faut il qu’elle sache que tu es là et que tu as besoin d aide.
j’ai une issue à te proposer : sais tu que tu n’es pas responsables de ce qui t’arrive mais tu es responsable de ce que tu fais de ce qui t’est arrivé.
( à elle même) je ne suis pas responsable de ce qui m’arrive, mais de ce que je fais de ce qui m’est arrivé hum.
– Alors tu as deux choix : rester au fond de ton tiroir à te morfondre et regretter ce que tu as perdu sachant que peut être tu ne le retrouveras jamais. Ou bien sortir de ton tiroir et aller voir ce que la vie te propose comme autre opportunité, autre rencontre, différente de ce que tu avais au départ mais justement riche de cette différence, tu découvriras d’autres horizons dont tu n’a jamais soupçonné l’existence. c’est excitant non ?
– Bon qu’est ce que tu proposes concrètement ?
– Ah j’aime ça ! tu t’es approchée de l’issue du tiroir !
Une seconde je reviens (je prends une autre chaussette différente mais tout aussi jolie!)
– Voilà, je te présente chaussette qui a perdu elle aussi sa sœur, mais elle a envie de rencontrer d’autres chaussettes prêtes à rencontrer d’autres sœurs.
Brin de « cosette »… :
– Bonjour on peut faire plus ample connaissance.
– Oui, il fait chaud pourquoi pas un petit bain de pied en bord de mer !
– Génial ! Tu as de jolies fleurs…
C’est ainsi que les deux petites chaussettes différentes et semblables à la fois apprennent à se découvrir et à conjuguer leur richesses dans leur différence et sortir de leur solitude tout à la fois.
Question : est ce que la perte n’est finalement pas une opportunité qui m’est offerte pour sortir de ma zone de « confort » et oser aller voir ce qui se passe à l’extérieur, en dehors du rassurant, mais étouffant tiroir ?…hum à méditer.
Samia chabanel